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Ma plainte semble oubliée : que puis-je faire ?

Vous avez déposé plainte.

Cette démarche vous a peut-être demandé beaucoup de courage. Il a fallu raconter les faits, parfois pour la première fois. Revenir sur des événements douloureux. Répondre aux questions des enquêteurs. Fournir des documents.

Puis vient l’attente.

Les semaines passent.

Parfois les mois.

Et aucune nouvelle n’arrive.

Peu à peu, une question s’impose :

« Est-ce que quelqu’un travaille réellement sur mon dossier ? »

Cette inquiétude est fréquente et parfaitement légitime. Pourtant, le silence qui entoure une procédure pénale ne signifie pas nécessairement que votre plainte a été oubliée.

Le secret de l’enquête : une source fréquente d’incompréhension

L’article 11 du Code de procédure pénale impose le secret de l’enquête et de l’instruction.

Concrètement, cela signifie que les enquêteurs et les magistrats ne peuvent pas communiquer librement sur les investigations en cours.

Auditions, réquisitions, vérifications, recherches de témoins, exploitations téléphoniques ou numériques : de nombreux actes peuvent être réalisés sans que la victime en soit informée.

Cette situation est souvent difficile à vivre.

Les victimes ont parfois le sentiment que leur parole a disparu dans une pile de dossiers en attente.

Or l’absence d’information ne signifie pas nécessairement l’absence de travail.

Pour autant, il serait faux d’affirmer que toutes les procédures avancent rapidement. Les services d’enquête et les juridictions sont souvent confrontés à une charge de travail importante qui peut allonger les délais de traitement.

Que pouvez-vous faire pendant cette période ?

Même lorsque l’enquête est couverte par le secret, la victime n’est pas condamnée à l’inaction.

Certaines démarches peuvent être utiles.

1. Continuer à rassembler les éléments utiles

Le dépôt de plainte ne marque pas nécessairement la fin de la recherche d’éléments.

Au contraire.

Au fil du temps, certaines victimes retrouvent :

Ces éléments peuvent être transmis aux autorités judiciaires lorsqu’ils présentent un intérêt pour la manifestation de la vérité.

2. Faire constater les conséquences des violences

Les conséquences d’une infraction ne sont pas uniquement physiques.

Les violences peuvent entraîner :

Un psychologue, un psychiatre ou un médecin peut accompagner la victime et constater ces conséquences.

Les certificats ou attestations établis par ces professionnels peuvent constituer des éléments importants dans l’évaluation du préjudice subi.

3. Écrire au procureur de la République

Lorsque la plainte a été déposée auprès d’un commissariat ou d’une brigade de gendarmerie, il peut être utile d’adresser au procureur de la République :

Ce courrier permet de rappeler l’existence de la procédure et de porter à la connaissance du parquet les éléments complémentaires dont dispose la victime.

Que faire si aucune réponse n’intervient ?

Dans certaines situations, la loi offre des recours permettant à la victime de provoquer l’ouverture d’une information judiciaire.

L’article 85 du Code de procédure pénale permet notamment, sous certaines conditions, de déposer une plainte avec constitution de partie civile devant le doyen des juges d’instruction.

Cette démarche n’est pas adaptée à toutes les situations et mérite généralement une analyse préalable.

Toutefois, elle constitue un outil important lorsque la victime estime que sa plainte n’a pas reçu la suite qu’elle attendait.

Pourquoi la constitution de partie civile change-t-elle la situation ?

Lorsqu’une information judiciaire est ouverte et que la victime se constitue partie civile, ses droits évoluent.

Avec l’assistance de son avocat, elle peut notamment :

Le secret de l’instruction demeure applicable à l’égard du public, mais il ne prive plus la partie civile de l’accès aux éléments de son dossier.

Et si le sentiment d’abandon
persiste ?

L’attente est souvent l’une des épreuves les plus difficiles de la procédure pénale.

Elle peut raviver un sentiment d’impuissance déjà éprouvé au moment des faits.

Pourtant, il est important de se rappeler qu’une victime conserve des droits.

Elle peut demander conseil.

Elle peut se faire accompagner.

Elle peut être aidée dans la compréhension de la procédure et dans l’identification des démarches adaptées à sa situation.

AIDOVIE vous accompagne

Chez AIDOVIE, nous accompagnons régulièrement des victimes confrontées à cette attente et à ce manque d’information.

Notre rôle est de les aider à comprendre les mécanismes de la procédure pénale, à identifier les démarches envisageables et à rester actrices ou acteurs de leur parcours judiciaire.

Parce que vous n’avez peut-être pas accès aux investigations en cours.

Mais vous avez le droit de comprendre vos droits et de faire entendre votre voix.


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